
Les autorités thaïlandaises ont accepté de raccourcir la durée du séjour sans visa pour les touristes de 60 à 30 jours. Toutefois, le changement n’a pas encore été officiellement décidé et la date exacte d’entrée en vigueur manque. Les autorités examinent encore les détails avant d’annoncer officiellement le changement.
Contexte : Pourquoi la période sans visa de 60 jours a-t-elle été introduite ?
Avant 2022, la Thaïlande autorisait l’entrée sans visa pour les touristes pendant 30 jours. Au lendemain de la pandémie, cette période a été prolongée à 45 jours pour attirer à nouveau les voyageurs et stimuler le tourisme. Cette prolongation a été retirée en avril 2023, lorsque le système est revenu à 30 jours.
En juillet 2024, un nouveau changement a été mis en œuvre, accordant aux touristes de 93 pays le droit de séjourner 60 jours sans visa. Une prolongation de 30 jours sur place est également devenue disponible, permettant un séjour total de 90 jours sans demander de visa. Ce changement a été salué par les touristes et l’industrie hôtelière, mais il a également entraîné quelques problèmes inattendus.
Pourquoi les autorités veulent-elles raccourcir la période sans visa ?
Depuis l’introduction de la période plus longue sans visa, les autorités ont constaté plusieurs problèmes. Entre autres choses, on rapporte une augmentation du nombre d’étrangers travaillant illégalement en Thaïlande en profitant du système généreux. On peut citer comme exemples les guides sans licence, les personnes qui dirigent des entreprises par l’intermédiaire de sociétés écrans ou les travailleurs à distance vivant en Thaïlande sans permis de travail.
Dans le même temps, l’industrie hôtelière a tiré la sonnette d’alarme : de nombreux étrangers louent des logements et les sous-louent illégalement à des touristes via des plateformes comme Airbnb. Cela a conduit à une situation concurrentielle malsaine dans laquelle les opérations hôtelières légales sont affectées négativement. Les autorités ont également constaté que certaines personnes profitent de leur séjour prolongé pour se livrer à des activités criminelles, ce qui a suscité des inquiétudes au sein du système judiciaire.
La pression politique a également joué un rôle dans cette décision. Plusieurs membres du Parlement et associations industrielles ont exhorté le gouvernement à renforcer les règles pour éviter les abus du système. En revenant à 30 jours, les autorités espèrent limiter ces problèmes et mieux contrôler ceux qui restent dans le pays pendant une période plus longue.
Quelle est la situation actuelle ?
Les autorités ont accepté en principe de réduire la période sans visa à 30 jours, mais aucune décision formelle n'a encore été prise. Le changement pourrait entrer en vigueur dans les prochains mois, en fonction de la rapidité avec laquelle les autorités pourront mener à bien le processus. Pour le moment, la période sans visa de 60 jours est toujours en vigueur.
Comment les touristes et les voyageurs d’affaires sont-ils affectés ?
Pour la plupart des touristes ordinaires, le changement ne fait pas beaucoup de différence. La majorité des voyageurs restent généralement en Thaïlande entre deux et trois semaines, ce qui signifie que 30 jours suffisent encore pour des vacances normales. Toutefois, ceux qui souhaitent rester plus d’un mois devront demander une prolongation auprès des autorités de l’immigration, ce qui continuera probablement d’être possible. Alternativement, vous pouvez planifier un court voyage hors du pays, puis revenir pour commencer une nouvelle période sans visa.
Les voyageurs d'affaires ne seront pas significativement affectés puisque des visites d'affaires plus courtes seront toujours possibles pendant la période sans visa. Toutefois, ceux qui prévoient des séjours plus longs devront demander un visa d’affaires à l’avance.
Exceptions et possibilités d'extension
Il est probable que la Thaïlande continuera à offrir la possibilité de prolonger le séjour sans visa de 30 jours par le biais d'une demande auprès des autorités d'immigration. Cela signifie qu'un touriste qui bénéficie initialement de 30 jours peut prolonger son séjour jusqu'à un total de 60 jours en faisant une demande sur place. Une autre option consiste à voyager à l’aller et au retour, mais les règles à cet effet pourraient être renforcées, notamment aux frontières terrestres où la Thaïlande limite déjà le nombre d’entrées sans visa.
Pour certaines nationalités qui reçoivent actuellement un visa à l'arrivée (VOA), la période sans visa peut être réduite de 30 à 15 jours, comme cela s'est produit avec les modifications précédentes des règles de visa.
La Thaïlande va-t-elle introduire une autorisation de voyage électronique (ETA) ?
La Thaïlande a déjà évoqué la possibilité d'introduire un système ETA (autorisation de voyage électronique), similaire à l'ESTA américain et à l'ETIAS européen. Cela signifierait que les voyageurs de certains pays devraient demander une autorisation avant leur départ. Cependant, l'introduction de l'ETA a été reportée sine die, mais il est possible qu'une telle solution devienne pertinente à l'avenir pour renforcer le contrôle aux frontières et améliorer le suivi des séjours des voyageurs dans le pays.
Que doivent faire les voyageurs maintenant ?
Actuellement, la période sans visa de 60 jours s'applique toujours, mais il est important de restez informé de tout changement. Les voyageurs devraient suivre les informations de Autorité de l'immigration thaïlandaise et les ambassades officielles pour s'assurer qu'ils disposent des documents d'entrée corrects.
Si vous prévoyez un séjour plus long en Thaïlande, il peut être judicieux de renseignez-vous bien à l'avance sur les autres options de visa pour éviter tout problème potentiel à l'entrée ou à la prolongation. Bien que ce changement vise principalement à prévenir les abus du système, il peut poser certains problèmes pratiques aux personnes qui prévoient des séjours plus longs.
La Thaïlande continue d'être l'une des destinations de voyage les plus populaires au monde et, même avec une période sans visa plus courte, le pays accueillera des millions de touristes chaque année. Ce changement doit plutôt être considéré comme un ajustement visant à garantir un secteur touristique durable et légal plutôt que comme une restriction à l’encontre des véritables visiteurs.
Texte : La rédaction
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